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  • Photo du rédacteurFerdinand

Les correspondants - Grand Corps Malade et Ben Mazué

Le 26 Décembre, chez moi.

Cher Ben, Cher Fabien,


Vous avez décidé de nous partager votre correspondance, alors permettez-moi d'y prendre part. Laissez-moi, juste le temps d'une lettre, me donner l'impression qu'on est potes et que vous allez me lire. Parce que moi, j'en sais déjà pas mal sur vous, je fais partie de ces millions d'inconnus qui vous connaissent si bien. Même mon fils de trois ans croit qu’on se connait vous et moi à force de vous entendre à la maison. Cette année je suis allé te voir, Ben, au théâtre de Cholet, c'était super, intime, inspirant. Je me suis quand même dit que ça devait être froid pour toi tous ces visages amputés par les masques. L'émotion ne passe pas pareil sans le sourire.


Et alors je vous ai lu. J'aime plutôt bien cette idée de livre de correspondances et j'ai pris plaisir à vous lire, à en savoir un peu plus sur l'envers de vos vies. Mais pour être honnête - ou pour faire l'intello - ça me dérange un peu d'avoir aimé ça. Gaël Faye - l’autre copain que mon fils connait si bien - nous met en garde dès le début sur cette impression qu'on a parfois, de vous regarder vivre par le trou de la serrure, et pourtant ce n'est pas le cas puisque vous avez ouvert volontairement la porte. Alors je ne sais pas où est le problème exactement, mais je sens un truc qui déconne quelque part. Peut être juste parce que vous êtes vivants finalement ! Sûr qu'à titre posthume, je dirai que vous livrez là un beau témoignage de ce que sont vos vies, et même nos vies, nos joies, nos galères et nos modes de pensée dans l’époque que nous traversons.


"Le poignant est trop personnel pour être raconté ailleurs que sur scène, sur un album, ou dans un livre."

Moi aussi, j'essaie de laisser quelque-chose en écrivant, sauf que je ne parle à personne, ou juste avec moi-même, pour plus tard, comme dans un journal. Les livres sont mon prétexte pour parler de moi, garder une trace de mes états d'âme, me souvenir. Je remonte le fil, ça fait plus d'un an maintenant depuis mon premier post. 38 chroniques. 38 photos. 38 instants immortalisés de ma vie. Et il s'en est passé, en une année ! Comme vous, en les publiant je ne sais pas si ça ne tourne pas à l'ego trip mon histoire, mais enfin quoi, les réseaux servent à ça non ? Gaver notre ego jusqu'à l'obésité.


Même si je sais qu'on n'est pas vraiment potes, ça m'a fait du bien de vous lire, ça me fait du bien de vous écrire, de laisser courir le fil de ma pensée comme un crayon sur le papier, pour cette lettre, une simple prose, un premier jet qu'on ne peut pas corriger, une lettre à l'ancienne, sans complexe, pour deux potes imaginaires.


Alors portez-vous bien les amis, embrassez vos fils, vos proches, et continuez à raconter nos vies.


Ferdinand



 

LES CORRESPONDANTS - Grand Corps Malade et Ben Mazué

Editions JC-Lattès

Témoignage - 2022

Résumé :


Amis à la scène comme à la ville, les deux artistes échangent sur leurs conceptions de la vie et les coulisses du métier dans une correspondance à la fois drôle, profonde et émouvante, avec cette complicité sincère qui les lie.


Quatrième de couverture :


Ben Mazué

Pour la quatrième de couverture je propose qu’on écrive quelque chose de drôle, tant pis si c’est pas très clair sur le contenu du livre.

Grand Corps Malade

Drôle, moi je suis toujours d’accord

Ben Mazué

Je pensais à ça : « Il y a deux ans Grand Corps Malade s’apprêtait à partir vivre à Montréal. Ben Mazué lui proposa alors de se lancer dans une correspondance, comme un journal à deux, pour garder le lien. Le projet de voyage a finalement été annulé, mais pas celui de la correspondance. Tous les lundis, pendant des mois, ils se sont écrit. A une époque mouvementée pour des artistes en tournée, un échangé drôle et sincère, à la fois intime et universel. »

Grand Corps Malade

C’est absolument pas drôle.



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