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  • Photo du rédacteurFerdinand

La nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt


Le 16 Mai 2023,


Je suis en vacances en Provence. Villeneuve-lès-Avignon. On est en Avril, le mistral balaie les nuages. On pose nos valises dans une grosse maison des années 50, faite de deux appartements l’un au-dessus de l’autre, que seul un escalier extérieur relie. En bas, j’y ai fait mes premiers pas. En haut, mes grands-parents ont choisi d’y faire leurs derniers. Le plus tard possible. De la terrasse, on voit le fort Saint André en haut de sa butte. Le jour comme la nuit, impassible et solide, planté là depuis plus de 700 ans. Pour combien de temps encore ? Plus que moi sans aucun doute.


Auprès de sa sage présence, nous débattons du mystère de la vie après la mort. Nous invoquons Dieu. Lui, le fort, connait peut-être la vérité, alors que nous, nous ne faisons que croire. Mes grands-parents, êtres spirituels et lumineux, s’appuient sur leur foi Chrétienne, telle une véritable boussole existentielle, pour imaginer à quoi pourrait ressembler notre prochaine destination. Moi, athée agnostique, préoccupé par le sujet, je pose les questions. Je les interroge sur leur existence. Ont-ils déjà été frappés par une expérience mystique, une révélation, une confirmation de leur foi ?


« Sur Terre ce ne sont pas les occasions de s'émerveiller qui manquent mais les émerveillés. »

Je pense à Claudel, à Pascal, à d’autres… Je ne connais pas encore le récit de « La nuit de feu » de Schmitt. Là, mon grand-père me raconte l’histoire d’un récent miracle attribué à Charles de Foucauld. Le 30 Novembre 2016, un jeune charpentier de 21 ans victime d’une chute depuis le toit d’une chapelle qui aurait dû être mortelle, s’est relevé un pieu enfoncé dans le ventre avant d’être hospitalisé. Non loin de lui, on implore Dieu pour qu’il s’en sorte par l’intercession de Charles de Foucauld au sein même de la paroisse qui porte son nom. Le lendemain, soit cent ans jour pour jour après la mort du religieux, Charle, sans s celui-là - mais tout de même - est opéré et se repose sain et sauf. A la suite de la reconnaissance de ce miracle - le second, parait-il - le pape ordonne la béatification de Saint Charles de Foucauld.


Sur la route du retour, j’entends Eric-Emmanuel Schmitt à la radio. Rien d’étonnant à cela, le célèbre écrivain, fait la promotion de son dernier livre sur Jérusalem. Au cours de l’émission il revient sur une expérience mystique, décisive pour la suite de son existence, vécue lors d’une traversée du désert. Sa « nuit de feu » comme il l’appelle se référant à Pascal, est une rencontre avec l’Infini, le Tout, l’Amour, le Feu, Dieu.


Happé, je repousse à plus tard mon Odyssée dans le Spitzberg, dans laquelle - je dois le dire - je me suis peu égaré, et je quitte donc Sven et son désert de glace, pour retrouver Eric-Emmanuel dans le sable brûlant du Sahara Algérien. Et ce que je ne savais pas mais qui me frappe immédiatement, c'est qu'Eric-Emmanuel est en Algérie pour une raison bien précise, revenir sur les traces de la fin de vie de l’ermite Foucauld pour un projet de film.


« Le hasard existe-t-il ? N’est-il pas plutôt le nom que collent à la réalité ceux qui veulent ignorer le destin ? »

Le piège se referme sur moi. Charles de Foucauld, par la plume de Schmitt, par la voix de mon grand-père avait-il quelque chose à faire entendre, une réponse à fournir sur les questions posées à mes grands-parents quelques jours plus tôt ? L'idée est tellement séduisante que je la laisse tranquillement infuser en moi.

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1 Comment


elizabeth.vittu
May 19, 2023

C’est magnifique ce que tu as écrit Ferdinand ! Ça me touche beaucoup ! Merci 🙏❤️

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