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  • Photo du rédacteurFerdinand

La délicatesse du homard


Le 07 Mars 2023, Cholet


La délicatesse du homard n'était pas au menu. Il s'est invité à ma table. Un peu par hasard. Comme un amuse bouche inattendu, ou plutôt un entremet opportun, qui s'immisce, qui se glisse subtilement entre deux plats. C'est un truc que j'aime bien, céder à l'imprévu, tout stopper, tout mettre de côté pour faire place à l'instinct, à l'envie du moment.



« Je suis profondément certain que les actions que l’on fait instinctivement ne sont pas un hasard et ont une valeur. Qu’elles ouvrent une voie. »

C'est une première pour moi avec elle. Laure M. Une rencontre inédite. En fait, on a une connaissance en commun, une entremetteuse - elle aussi, tient ! - mais Laure, elle ne le sait pas. Dans quelques semaines, elle va venir chez moi, je veux dire dans ma ville, pour parler de son dernier livre. Ça fait une bonne raison d'y goûter avant à ce délicat homard, histoire de savoir un peu de quoi on parle.

Je passe commande sur Kindle, une sorte de Uber Eats de la lecture. J'assume moyen, rapport aux valeurs, à la défense des petits libraires, mais c'est rapide, efficace et ça satisfait mon appétit maladif d'immédiateté.

Alors donc, de quoi parle t'on ? Et bien pas de homard justement. Mais de délicatesse certainement. De séduction. D'amour. De blessures et de guérison aussi. C'est un peu attendu parfois et un peu tordu par endroits. Mais ça marche. C'est léché. C'est plutôt bien fait. Et on a envie d'y revenir. De finir. Ce que je fais d'ailleurs assez goulument. Essentiellement de nuit. Ou devrais-je dire deux nuits. Aux heures de fringales de bébé. A chacun donc, son menu. Le lait ou les mots. Puis on s'endort. Et toutes les quatre heures, on s'en ressert volontiers.

« La seconde qui suit chaque seconde est déjà l’avenir, et tu le tisses sans même t’en rendre compte. »

Ce matin j'étais fatigué au réveil. C'est le problème avec le sommeil. Si on en manque on le paye. C'est bête, parce que j'ai passé une bonne nuit finalement. Je l'ai vécue. Je l'ai partagée. Si seulement la lecture pouvait remplacer le sommeil, comme on en gagnerait du temps ! On vivrait la nuit, d'autres vies, en d'autres mondes, et au petit matin on serait reposé, prêt à vivre la sienne. On en dévorerait des livres, des histoires, des homards. Lire plutôt que dormir. Mon rêve.

 

LA DELICATESSE DU HOMARD – Laure Manel

Editions Michel Lafon

Roman - 2017

Quatrième de couverture :


François, directeur d’un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d’une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d’un rocher. Plutôt que d’appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. À son réveil, l’inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle dit s’appeler Elsa mais refuse de répondre à ses questions. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l’autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s’apprivoisant s’apaise, leur carapace peine à se fendre...

Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ?


Une écriture fluide. Sensible aux secrets de famille, Laure Manel creuse habilement son sillon. Laurent Beauvallet, Ouest France.



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