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  • Photo du rédacteurFerdinand

Entre ciel et terre - Jón Kalman Stefánsson

Dernière mise à jour : 6 janv. 2023


Le 18 Octobre 2022,


Déjà trois semaines que je suis revenu d’Entre ciel et terre. Et rien n’est encore sorti. Manque de temps. Nécessaire digestion. Pourtant, je raconte souvent à mon fils l’histoire de Bárður le pêcheur. Il me la réclame parfois le soir. Le récit est donc encore un peu là, il flotte dans l’air autour de moi, dans ma maison, dans mon esprit, rejaillissant vers celui de mon fils, il erre parmi nous, attendant de se dissiper, un jour peut-être, presque totalement. Le plus tard possible. Car c’est son but, au livre, de laisser une trace de son passage dans le cœur du lecteur. De traverser les temps.

« L’enfer c’est d’être mort et de prendre conscience que vous n’avez pas assez accordé d’attention à la vie, à l’époque où vous en aviez la possibilité. »

Et si c’était en fait le projet de Jón Kalman Stefánsson, de laisser quelque chose de lui sur Terre. Quelque chose de suspendu, qui se situerai justement Entre ciel et terre. C’est en tous cas le sens qu’il donne à l’existence du gamin : « Il veut accomplir quelque chose dans cette vie, apprendre les langues étrangères, lire un millier de livres, il veut atteindre l’essentiel, quel qu’il soit, il voudrait découvrir si l’essentiel existe (…) »


L’essentiel, pas tout à fait ce qui touche terre, ni vraiment ce qui monte au ciel, c’est là que peut-être, dans cet entre-deux, se trouve le secret de l’existence. Dans un livre comme celui-là, qui nous ramène au sens, au pourquoi, au comment, de nos vies trop ancrées qui ne font que s’en éloigner. Il suffit de tourner quelques pages d’Entre ciel et terre, pour que tout s’arrête autour, pour que nos préoccupations perdent leur importance, pour que rien ne compte que l’essentiel.


« Bárður sortait toujours à huit heures pour regarder la lune au moment où sa bien-aimée, debout devant la ferme, faisait de même, il y avait entre eux des montagnes et des immensités, mais leurs yeux se rencontraient sur l’astre nocturne, exactement comme ceux des amants le font depuis le début des temps, voilà pourquoi la lune a été placée dans le ciel. »

 

ENTRE CIEL ET TERRE - Jón Kalman Stefánsson

Roman - 2011

Editions Gallimard

Quatrième de couverture :


Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d'autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le coeur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts.


Parfois les mots font que l'on meurt de froid. Cela arrive à Bárður, pêcheur à la morue parti en mer sans sa vareuse. Trop occupé à retenir les vers du Paradis perdu, du grand poète anglais Milton, il n'a pensé ni aux préparatifs de son équipage ni à se protéger du mauvais temps. Quand, de retour sur la terre ferme, ses camarades sortent du bateau le cadavre gelé de Bárður, son meilleur ami, qui n'est pas parvenu à le sauver, entame un périlleux voyage à travers l'île pour rendre à son propriétaire, un vieux capitaine devenu aveugle, ce livre dans lequel Bárður s'était fatalement plongé, et pour savoir s'il a encore la force et l'envie de continuer à vivre. Par la grâce d'une narration où chaque mot est à sa place, nous accompagnons dans son voyage initiatique un jeune pêcheur islandais qui pleure son meilleur ami : sa douleur devient la nôtre, puis son espoir aussi. Entre ciel et terre, d'une force hypnotique, nous offre une de ces lectures trop rares dont on ne sort pas indemne. Une révélation...

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